Scagliola

La marqueterie de pierres dures rencontre dès le XVIIe siècle, à Florence, un succès considérable. Très vite, des artistes mettent au point une technique cherchant à imiter ces effets décoratifs à moindres frais. Le support est, alors, recouvert d'une pâte de plusieurs couleurs disposées de façon à former un décor en plan d'une épaisseur régulière de deux millimètres environ. 

Le matériau de base est un minerai de la famille des plâtres appelé sélénite. Il se présente sous la forme de cristaux composés de plusieurs lamelles ou écailles transparentes (écaille, en italien, se dit scagli d'où scagliola). Le minerai s'émiette en le chauffant dans un four à 300° C. Il est ensuite pilé dans un mortier pour devenir une poudre que l'on tamise. Cette poudre est mélangée avec de l'eau et de la colle de peau. La pâte, ainsi obtenue, est séparée en plusieurs tas et chacun d'eux est coloré au moment voulu. La méthode d'application varie suivant le désir du créateur. La couleur est appliquée en fonction du dessin reproduit sur le support, par une méthode de piquage (carton perforé à l'aide d'une pointe d'ivoire) assez semblable au procédé traditionnel de reproduction des dessins de marqueterie.

Quand le support ou âme est totalement recouvert par la pâte formant le décor, on laisse sécher, ensuite on polit à la pierre ponce ou au charbon doux avant de lustrer à l'huile de noix ou d'olive, suivant la technique du "scaglioliste". Les ouvrages sont, ainsi, recouverts par des décors polychromes en scagliola.

Scagliola et Marqueterie

Quelques anciens marqueteurs ont ajouté des parties en scagliola dans les motifs en marqueterie. Ce mélange de procédés (marqueterie et scagliola) semble abandonné de nos jours, mais il est intéressant d'observer ces ouvrages anciens et assez facile d'en imaginer l'exécution :  

  • Le marqueteur découpe les éléments de placage (bois ou autres matériaux) suivant la méthode classique.
  • Il incruste et colle les éléments directement sur le support en laissant des compartiments vides.
  • Ces cavités, entre les éléments de placage, sont remplies avec de la scagliola, dont la couleur a été choisie en fonction du motif et s'harmonise, ainsi, avec les placages voisins. La pâte tiède s'applique au couteau ou avec une spatule.
  • La pâte, une fois sèche, est dressée au même niveau que les placages. L'ébéniste polit l'ensemble et applique un produit de finition (cire ou vernis).

Bibliographie

"La Marqueterie"
  Pierre Ramond
  Éditions H. Vial - 2000